Abandonner son chien : que risquent réellement les propriétaires ?
Abandonner son chien est un délit passible de lourdes sanctions, mais savez-vous réellement ce que risquent les propriétaires qui commettent un abandon ? Entre idées reçues, chiffres récents et rappel de la loi, je vous explique tout sur les abandons en France.
Lorsque j’ai créé EmmèneTonChien.com, mon premier objectif était de faciliter les vacances et les loisirs avec son chien. Au fil des années, cette mission nous a aussi naturellement engagés dans la lutte contre l’abandon.
En rendant les hébergements, les activités et les destinations dog-friendly plus faciles à identifier, nous voulons lever certains freins au départ avec son animal. Nous avons également créé la Carte Avantages, dont une partie des revenus est reversée pour venir en aide aux chiens abandonnés.
À notre échelle, nous essayons ainsi d’agir avant l’abandon, en facilitant la vie avec son chien, mais aussi après, lorsque certains animaux doivent malheureusement être secourus.
Il faut toutefois être précis : les abandons sauvages liés aux départs en vacances ne représentent qu’une partie du phénomène. Selon les dernières estimations de l’Observatoire de la protection des carnivores domestiques, entre 281 000 et 398 000 chiens et chats auraient été abandonnés en France en 2025. Cette large fourchette s’explique par les différentes méthodes de calcul utilisées et par la difficulté à suivre précisément le parcours de chaque animal recueilli.
Ces chiffres ne correspondent donc pas uniquement à des animaux laissés au bord d’une route ou attachés à un arbre. Ils regroupent aussi les animaux remis directement à un refuge ou ceux retrouvés errants et non réclamés.
Contrairement à une idée souvent reprise, les prises en charge de chiens n’explosent pas forcément au moment des vacances. L’étude nationale publiée en 2025 par la SPA et la Fondation Affinity montre qu’elles restent relativement stables toute l’année. La forte hausse observée au printemps et en été concerne surtout les chats, en lien notamment avec la période de naissance des chatons.
Cela ne rend pas les abandons sauvages moins graves. Laisser son chien sur une aire d’autoroute, au bord d’une route ou attaché à un arbre parce qu’il devient encombrant reste un acte aussi cruel qu’inexcusable.
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Tous les abandons ne se ressemblent pas
Il faut toutefois faire une distinction essentielle.
La vie peut parfois contraindre une personne à se séparer de son animal : hospitalisation, entrée en EHPAD, décès dans la famille, perte de logement, difficultés financières majeures ou incapacité physique à continuer de s’en occuper.
Contacter un refuge, une association ou un nouveau propriétaire pour organiser légalement la prise en charge de son chien est une décision souvent douloureuse. Elle peut néanmoins lui offrir une seconde chance, dans une famille capable de répondre à ses besoins.
Cela n’a rien à voir avec le fait de jeter son animal dehors et de le condamner à la faim, à la peur, aux accidents ou à la mort. C’est considéré comme un abandon certes, mais ce mot est bien lourd quand on doit se séparer de son fidèle compagnon et rajoute à la culpabilité des maîtres.
Dans l’étude de la SPA et de la Fondation Affinity de 2025, ces remises volontaires et organisées auprès d’une structure sont classées sous la dénomination « abandons directs ». Elles sont donc intégrées aux statistiques de l’abandon, alors qu’elles n’ont rien à voir avec le fait de laisser volontairement un animal dans la rue ou en pleine nature.
Cette montre d’ailleurs que les premiers motifs déclarés de remise directe d’un chien sont l’incapacité physique du propriétaire, dans 28 % des cas, et les ruptures de vie, dans 24 % des cas. Les problèmes de comportement représentent malheureusement 18 % des situations.
Un chien n’est pas un objet que l’on jette
Ce que je ne peux pas comprendre, ce sont ceux qui abandonnent leur chien comme un objet devenu encombrant. Ceux qui le laissent attaché à un arbre, au bord d’une route, sur une aire d’autoroute ou enfermé dans un logement vide, sans se soucier de savoir s’il va être renversé, mourir de faim, de soif ou de peur.
Selon une enquête Ipsos publiée en 2023, 68 % des Français considèrent leur animal de compagnie comme un membre de leur famille… Je ne comprends pas comment certaines personnes peuvent faire preuve d’une telle cruauté.
Un chien adopté parce qu’il était petit et mignon devient un adulte avec des besoins, un caractère et parfois des difficultés. Il peut aboyer, détruire, fuguer ou faire des bêtises. Mais lorsque l’on n’a pas pris le temps de l’éduquer, de comprendre ses besoins ou de se faire accompagner, on ne peut pas simplement le jeter à l’approche des vacances parce qu’il est devenu trop compliqué à gérer.
C’est aussi pour ça que chez EmmeneTonChien.com, nous avons recensé des milliers d’adresses (hébergements, activités et restaurants) pour faciliter les vacances et le quotidien des millions de pet-parents français et européens. Nous travaillons au quotidien pour qu’il soit de plus en plus facile de partager sa vie avec son chien.
Pour moi, ces images de ces abandons sont insoutenables. Un chien ne comprend pas pourquoi la personne à laquelle il faisait confiance disparaît soudainement. Il attend. Il cherche. Il a peur. Et il peut payer de sa vie une décision prise par quelqu’un qui, lui, poursuit simplement sa route vers les vacances.
Se séparer légalement de son animal parce que l’on n’a réellement plus d’autre solution est un déchirement. L’abandonner volontairement en pleine nature ou sur le bord d’une route est un acte de cruauté. Et c’est pourquoi la loi le condamne !
Jusqu’à cinq ans de prison
En France, l’abandon d’un animal domestique est un délit. Il est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Lorsque l’animal est abandonné, en connaissance de cause, dans des conditions présentant un risque de mort immédiat ou imminent, les sanctions peuvent atteindre quatre ans de prison et 60 000 euros d’amende. Si les faits entraînent la mort de l’animal, la peine peut aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
Des peines complémentaires peuvent également être prononcées, notamment :
- l’interdiction, temporaire ou définitive, de détenir un animal ;
- la confiscation de l’animal ;
- l’obligation d’effectuer, à ses frais, un stage de sensibilisation à la prévention et à la lutte contre la maltraitance animale.
Un animal n’est ni un jouet, ni un achat impulsif, ni un bagage dont on se débarrasse lorsqu’il devient encombrant.
Avant d’adopter, il faut réfléchir. Avant d’abandonner sauvagement, il faut surtout se souvenir qu’il existe toujours d’autres solutions : demander de l’aide, faire garder son chien en pension ou par un petsitter, partir en vacances avec son chien ou organiser, en dernier recours, sa prise en charge responsable.
Que faire lorsque l’on est témoin d’un abandon ?
Si vous assistez à un abandon ou découvrez un animal en danger, votre témoignage peut permettre de le secourir, mais aussi d’identifier et de poursuivre l’auteur des faits.
n cas d’abandon en cours ou de danger immédiat, contactez sans attendre la police ou la gendarmerie. Essayez de fournir le maximum d’informations utiles :
- le lieu précis et l’heure des faits ;
- la description de la personne et du véhicule ;
- la plaque d’immatriculation, si vous pouvez la relever ;
- des photos ou des vidéos ;
- tout élément permettant de retrouver l’auteur de l’abandon.
Vous pouvez également effectuer un signalement grâce au formulaire officiel dédié aux actes de maltraitance animale, contacter la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) ou prévenir une association de protection animale.
L’objectif est de recueillir des preuves sans vous mettre en danger et sans retarder le secours porté à l’animal. Ne prenez pas de risques pour poursuivre ou confronter la personne : appelez les forces de l’ordre et restez disponible pour transmettre votre témoignage.
Je suis lucide : cet article sera probablement lu par des personnes qui aiment les animaux, les respectent et n’auraient jamais l’idée d’abandonner leur chien sur le bord d’une route.
Comme les campagnes télévisées bouleversantes diffusées chaque été, il ne fera sans doute pas changer d’avis ceux qui considèrent encore un animal comme un objet dont on peut se débarrasser lorsqu’il devient encombrant.
Mais se taire ne ferait certainement pas davantage avancer les choses.
À défaut de pouvoir toucher la conscience de ceux qui n’en ont pas, cet article aura au moins le mérite de rappeler une chose essentielle : abandonner un animal est un délit lourdement puni par la loi.
Et si la compassion ne suffit pas toujours à faire réfléchir, peut-être que la perspective de plusieurs années de prison, de dizaines de milliers d’euros d’amende et d’une interdiction de détenir un animal pourra, elle, arrêter certains gestes.
Quand il n’y a pas de déclic du cœur, il reste parfois le rappel du bâton.
Sources :
- Observatoire de la protection des carnivores domestiques – ministère de l’Agriculture
- Étude nationale sur l’abandon et l’adoption – SPA et Fondation Affinity
- 68 % des Français considèrent leur animal comme un membre de leur famille – Ipsos
- Article 521-1 du Code pénal – Légifrance
- Maltraitance et abandon d’un animal : sanctions – Service-Public.fr